Ce dossier établit les règles d’implantation et d’orientation, les matériaux et teintes, l’accompagnement végétal, le traitement des murs
de soutènement, les textes législatifs sur la sécurité des piscines...
Recommandations pour une meilleure intégration des piscines dans le paysage
Introduction

Le département du Var bénéficie d’un climat très ensoleillé qui incite
à construire des piscines et bassins d’eau. Autrefois réservées aux
villas d’une certaine importance, les piscines se sont aujourd’hui
généralisées, la plupart des
POS ou
PLU des communes du Var autorisant
leur construction quelque soit la surface ou la pente du terrain. Cette
prolifération peut conduire dans certains cas à un appauvrissement du
paysage en raison d’une mauvaise implantation ou d’aménagements
inadaptés. De par leur couleur, elles ont un impact fort sur le
paysage, notamment en vue aérienne.
Réglementation
Selon l’article R422-2 du code de l’urbanisme, la construction de
piscine non couverte est soumise au régime de déclaration de travaux.
Les dossiers doivent être déposés en mairie et comprendre l’ensemble
des pièces nécessaires à leur instruction ainsi que les éléments
permettant d’apprécier l’impact du projet dans le paysage (se référer à
l’imprimé de déclaration de travaux).
Quelque soit la situation du projet, celui-ci doit être compatible avec
les règlements du
PLU ou du
POS de la commune (marge de recul,
terrassements, hauteur de mur ...) et le cas échéant avec le cahier des
charges du lotissement.
Si le terrain concerné se situe dans une zone protégée (site classé,
site inscrit, abords de monument historique,
ZPPAUP, secteur sauvegardé
), la mairie doit transmettre le dossier au service départemental de
l’architecture et du patrimoine qui émettra un avis simple ou conforme
selon la servitude. Dans ces espaces, un effort d’intégration doit être
réalisé de façon à préserver la qualité du site.
Quelques règles d’implantation
L’implantation sera déterminée en fonction de la configuration du
terrain, de la végétation existante et de façon à limiter l’impact sur
le paysage.
Sur un terrain plat
Sur un terrain plat, l’implantation de la piscine se fera parallèlement
à la construction d’habitation tout en préservant au maximum la
végétation existante notamment les arbres de haute tige. La piscine
sera complètement enterrée sans pouvoir dépasser le niveau du terrain
naturel.
Sur un terrain en pente
Sur un terrain dont la pente est supérieure à 5 %, il convient de
fournir un relevé altimètrique qui permettra de visualiser les courbes
de niveau : la piscine sera implantée sur la zone où les courbes de
niveau sont le plus espacées, révélant la pente la plus faible.

Quelque
soit la configuration du terrain, la piscine sera orientée de façon à
ce que sa plus grande dimension soit parallèle aux courbes de niveau.
Cette mesure permet non seulement de réduire l’impact de la piscine au
niveau de la parcelle (remblai, hauteur des murs de soutènement), mais
aussi de structurer le paysage à une plus grande échelle en s’appuyant
sur son relief.

Afin
de limiter l’impact des murs de soutènement, il est préférable de
réaliser un petit mur en amont et en aval de la piscine plutôt qu’un
seul grand mur.
Le centre de la plate forme supportant la piscine et sa plage correspond alors au niveau du terrain naturel.
La forme de la piscine
Il convient de privilégier les formes simples adaptées à la
configuration du terrain (éviter les formes en équerre). Sur un terrain
à forte pente un format de 10mx3m sera moins impactant qu’un 8mx4m. En
raison de leur impact, les piscines à débordement apparent sont à
éviter dans les zones protégées.
Le traitement des plages

La construction d’une piscine entraîne souvent une minéralisation
importante de la parcelle : le traitement des plages doit réduire cet
effet en privilégiant des matériaux naturels (gazon, bois) et en
adaptant leur surface à la taille et à la configuration du terrain.
Ainsi, sur les terrains à forte pente, la plage sera obligatoirement installée sur un petit coté de la piscine.
Le traitement des murs de soutènement
Les murs apparents seront traités en pierre du pays dans l’esprit des
restanques traditionnelles en limitant leur hauteur à 1m50 maximum.
S’il est nécessaire de réaliser plusieurs murs superposés, ceux-ci
seront espacés de 1m50 minimum de façon à accueillir des plantations.
Il convient de proscrire impérativement tout enrochement à base de grosses pierres de carrière.
L’accompagnement végétal

Tout projet de construction de piscine doit prévoir un aménagement
paysager de la parcelle qui permettra de l’intégrer à long terme dans
le paysage (plantations buissonnantes devant les murs de soutènement,
plantations retombantes ou tapissantes, plage engazonnée, conservation
des arbres de haute tige ...).
Le pool house et le local technique
Le local technique doit être implanté en évitant l’accès sur la façade la plus perçue.
Le pool house doit rester de taille modeste et respecter le caractère de la construction d’habitation.
Le choix des couleurs
Les fabricants de piscine fournissent un large choix de teintes et de
matériaux. L’expérience montre que la teinte bleu des piscines n’est
pas adaptée pour se fondre dans le paysage. Les tons verts, beiges ou
foncés, associés au reflet de la teinte du ciel, donnent des couleurs
plus naturelles qui s’harmonisent davantage avec la végétation.
Dans le même sens, un revêtement en léger camaïeu (type pâte de verre
ou mosaïque) créé une teinte moins uniforme, évitant l’effet d’aplat
plus perceptible dans le paysage.
Les éléments de sécurité
A compter du 1er janvier 2004, les piscines enterrées non closes
privatives à usage individuel ou collectif doivent être pourvues d'un
dispositif de sécurité normalisé visant à prévenir le risque de noyade.
Les volets de sécurité recouvrant les bassins (au niveau du fil d’eau)
ou les barrières périphériques doivent être choisies dans une teinte en
harmonie avec l’environnement (exclure le blanc).
La couverture des piscines par des structures hautes et rigides est à proscrire dans les espaces protégés.
Constitution des dossiers de déclaration préalable pour une piscine
Pour instruire rapidement une déclaration préalable concernant la
construction d’une piscine, il convient de joindre au dossier les
pièces suivantes :
- un plan de situation au 1/25000
- un plan cadastral récent
- un plan altimétrique si la pente est supérieure à 5%
- un descriptif des installations projetées (matériaux et teintes)
- un plan de masse indiquant la position du projet sur le plan cadastral
- les plans et élévations cotés du projet
- une coupe longitudinale et une coupe transversale suivant la pente du terrain
- un plan d’aménagement paysager (plantations à conserver, à réaliser, arbres à abattre)
- une ou plusieurs photographies de l'état des lieux
- une simulation du projet (photo-montage)